Mes parents venant nous rendre visite en mars, je commençais à lister dans ma tête toutes les choses pour lesquelles je devrais les préparer psychologiquement avant leur arrivée au Cambodge, histoire qu’ils ne s’étonnent pas trop, et ne s’énervent pas trop à l’arrivée. Car oui, il faut bien l’avouer, les gens ici sont très sympathiques, ils sourient beaucoup, ils sont avenants… mais qu’est-ce qu’ils peuvent être énervants pour nous les Barangs (= français et par extension blanc) ! Car oui, nous n’avons pas les mêmes façons de vivre, de penser, de travailler, de se comporter, de conduire, etc. C’est d’ailleurs la recherche de cette différence qui a été une de nos motivations à venir ici.
Au final, je préfère partager cette liste avec vous sur le blog, car vous pourrez en apprendre un peu plus sur nos « (més)aventures » quotidiennes et parce qu’après tout, vous savez que vous êtes tous bienvenus chez nous pour découvrir les joies de l’interculturalité avec les khmers !
- Il me semble que la première chose que l’on remarque en arrivant, c’est le trafic et la méthode de conduite, qui se résume par « no rules ! ». Un petit article de blog pour illustrer tout ça : http://steveamie.com/pages/~CambodianStories_5 (tout est vrai). M’enfin, une légende urbaine dirait qu’un Code de la Route existe en réalité. Je crois que la plupart des étrangers qui habitent à Phnom Penh ont fini par comprendre qu’il était trop dangereux de tenter de respecter nos règles habituelles, et qu’il fallait mieux faire comme tout le monde : n’importe quoi ! Heureusement, le nombre de véhicules oblige à ne pas dépasser les 30 – 40 km/h la plupart du temps, les accidents sont donc rarement graves (rassurant, non ?)
- Évidemment, corolaire du point précédent, la majorité des motards ne portent pas de casques, envoient des textos en conduisant et utilisent la moto quand ils rentrent bourrés à partir de 21h…
- On remarque aussi assez rapidement qu’outre une population importante de deux roues, des voitures circulent. Mais pas n’importes quelles voitures, non, des grosses lexus, des gros 4×4, qui ont du mal à se croiser dans beaucoup de rues étroites de Phnom Penh. Cette tendance à la grosse voiture est juste ridicule, et très énervante sachant que les conducteurs ont eu leur permis dans une pochette surprise et donc ne regardent jamais autour d’eux et ne laissent jamais la priorité à qui que ce soit. Voilà au moins une chose qui semble faire l’objet d’une règle sans exception.
- Les poules et les chiens se trouvent sans arrêt au milieu des routes en zone périurbaine et rurale, ce qui obligent tout le monde, motos, voitures, bus, camions à freiner sans arrêt !
- Petite précision suite à ces premiers points : vous pourrez vous déplacer en tuk-tuk en ville, c’est un moyen sûr et ils ne conduisent pas très vite (moto + chariot pour 4 personnes environ).
- Mais les tuk-tuk justement, parlons-en ! Surtout, ne vous fiez pas à eux pour connaître le chemin, vous devez déjà savoir où vous allez et comment. Peu de temps après être arrivée au Cambodge, j’ai fait l’expérience de demander à un tuk-tuk qui avait déjà amené John à son boulot de m’y amener. Je lui ai fait confirmer qu’il savait car moi-même je ne connaissais pas le chemin. « Yes, yes ! I know ». 15 minutes après, au milieu de nulle part, il m’a demandé où il devait aller …
- Par ailleurs les khmers sont pour beaucoup incapables de lire une carte, même en ayant un diplôme bac+5. Je pense juste qu’ils n’ont jamais eu l’occasion d’apprendre et ça donne lieu à des situations insolites : ma collègue qui est incapable de me situer son quartier sur la carte de Phnom Penh même à 5 km près, ou encore un groupe de chauffeurs de tuk-tuk qui est incapable de me dire dans quelle rue nous sommes sur la carte.
- Dernier problème sur les routes : l’absence justement d’un bon réseau de transport en commun. A Phnom Penh, ils sont en train de tester une ligne de bus sur un boulevard, mais les motos et voitures ont encore de beaux jours. Pour ce qui est des liaisons interrégionales, on a le choix entre les taxis qui coûtent chers, des bus lents qui arrivent toujours en retard, ou des minibus où les gens sont entassés au maximum (il faut payer deux sièges pour en avoir un entier). Heureusement, parfois on peut trouver des minibus « VIP » qui sont un bon compromis.
- Le bruit fait partie des choses très énervantes. Un mariage dans la rue et vous êtes sûrs de l’entendre à 10 pâtés de maison. Quelqu’un répond au téléphone, il parle systématiquement fort même si on est dans un bus à 10 h du soir. Un magasin de téléphonie veut faire sa promo, il met les baffles à fond et non stop, et en plus il diffuse de la merde (« boum, boum, boum »). Un chien aboie pendant 20 minutes à 3 heures du matin, personne pour l’arrêter. Le voisin commence des travaux dans son appartement, on est dimanche et il est 6 heures du matin. D’ailleurs, les chantiers ne s’arrêtent pas le week-end. Les gens klaxonnent en permanence sur les routes, c’est préventif et non en cas d’urgence ; il arrive parfois d’entendre au milieu de la nuit une voiture qui klaxonne en continu pour pouvoir tracer dans les rues de Phnom Penh (klaxon = poussez-vous, attention, je passe !). Mais voilà, c’est une grosse différence culturelle : ils n’en ont rien à faire du bruit (il parait même qu’ils écoutent la musique très fort parce que ça éloigne les esprits) et ça ne sert donc à rien de leur demander de faire moins de bruit. Dans ces cas-là, il faut juste travailler son zen…
- Les chauffeurs de tuk-tuk et de motodops (moto-taxi) contribuent également à cette joyeuse cacophonie : « lady, tuk tuk ? tuk tuk ? ». Dès qu’un chauffeur voit un touriste ou expat dans les parages (dès 300 mètres, ils nous repèrent), il l’appelle et le rappelle. Et des chauffeurs de tuk-tuk et de motodops, il y en a à tous les coins de rues, autant dire que quand on est à pied, on en peut vite plus. Une fois j’ai essayé d’ignorer les appels d’un chauffeur de tuk-tuk à 50 mètres de moi, il s’est mis à siffler, puis à taper dans les mains en répétant en continu « lady, tuk-tuk ? ». Donc la solution, c’est plutôt de dire non, en khmer c’est encore plus radical :). Sinon, vous pouvez toujours opter pour le port non stop du t-shirt « no tuk-tuk today ».
- Les WC. Même dans les restos un peu plus « chic », on n’est pas sûr d’y trouver du papier, ni de l’eau courante d’ailleurs. Et parfois, il ne faut pas être trop regardant sur la propreté des toilettes… Au moins, dans ces cas-là, c’est à la turc. En général, il y a un bac d’eau de pluie, avec un bol pour faire office de chasse d’eau. Pensez donc à toujours avoir sur vous : papier + solution hydroalcoolique ! Par contre, pour les WC bien équipés, ne me demandez pas à quoi sert la douchette qui se trouve souvent à côté de la cuvette, cette question fait l’objet de débats réguliers entre expats :D
- On m’a dit que c’était généralisé en Asie du Sud-Est : ne pas dire pardon quand on bouscule quelqu’un, et d’ailleurs ne même pas essayer de l’éviter, ou encore, ne pas respecter la file d’attente pour les WCs par exemple. La politesse est ailleurs pour eux. Donc je me suis « adaptée », quand je veux passer au milieu de la foule, je passe en bousculant et sans dire pardon tant que les gens n’ont pas l’air perturbés, et quand je me fais doubler, je le fais remarquer poliment quand c’est pour un guichet sinon, je repasse devant la personne quand c’est pour les WCs :P (Non mais, on sait faire ça aussi en France !)
- Ici les gens crachent et rotent en public, hommes et femmes, ce n’est point tabou. Souvent quand un collègue va aux toilettes, je l’entends cracher ses tripes, c’est trop dégueu ! Parfois, c’est plutôt marrant, au milieu d’une phrase, la personne va lâcher un gros rot, le plus naturellement du monde. Après plus de 6 mois ici, je ne m’y habitue pas et relève toujours la tête quand quelqu’un rote. Bonne nouvelle pour ceux qui viendront nous voir, vous pourrez vous lâcher le temps de votre séjour !
- Un soir, il était 18h, il ne restait plus qu’un collègue khmer et moi-même dans le bureau. Il a lâché un gros pet et j’ai levé la tête pour voir s’il était gêné ou pas le moins du monde. Ben non, ça non plus c’est pas tabou :-/
- Les animaux ici me paraissent tous hostiles. Je ne parle même pas des moustiques qui m’ont rendu accro au baume du tigre. Non il y a aussi les rats et les blattes. Ceux-là ne font que passer mais ça suffit à me dégouter. Les fourmis, elles, s’attaquent à toute provision mal fermée, même si l’on habite au 4e étage. Les poules, coqs, etc., bon il n’y en pas en ville, mais à la campagne, ils sont partout, et surtout près de tes oreilles la nuit. Pour ce qui est des chats, ils sont parfois mignons, mais la plupart du temps, ils me semblent pouilleux et m’énervent parce qu’ils viennent réclamer à manger à table. Et enfin les chiens, j’ai juste envie de les tuer à coups de pieds car depuis que je suis au Cambodge, je peux compter sur les doigts de mes mains les nuits où je n’ai pas été réveillée par un aboiement.
- La climatisation au Cambodge est un mystère pour moi. Que ce soit au bureau, dans le bus ou les taxis, ils la règlent à fond, même s’il ne fait pas chaud. Il fait 30°C dehors, 16 °C dedans, ça leur va. Alors que quand il fait 20 °C à l’extérieur, ils ont froid. Et ce n’est pas la peine d’essayer de demander au chauffeur de bus de diminuer la clim, c’est comme ça et puis c’est tout. Il est donc important de prévoir pantalon, pull et écharpe pour les bus et taxis (ça vaut pour les cinémas aussi).
- Au restaurant, la plupart du temps, tout se passe bien, mais on n’est jamais à l’abri d’un problème : le serveur qui a oublié la commande, le serveur qui ne veut pas te parler parce qu’il ne parle pas anglais et ne veut même pas essayer de comprendre avec les gestes, le serveur qui a mal compris (ou à qui tu as mal expliqué…) et qui te ramène deux cocktails au lieu d’un, ou encore le fait que personne ne vienne prendre ta commande alors qu’il y a 5 serveurs qui ne font rien (ça arrive aussi dans les boutiques). Il ne faut pas non plus s’attendre à ce que les plats arrivent en même temps, même quand on est seulement deux ; les plats arrivent quand ils arrivent. Et de même, ils débarrassent l’assiette à la seconde où la personne a terminé, même si ces congénères n’ont pas fini.
- Certains serveurs sont particulièrement délicats. C’est-à-dire qu’ils vont prendre 1000 précautions et vont mettre 30 secondes à poser l’assiette devant toi. Ça a vraiment le don de m’énerver, sans que je puisse expliquer pourquoi.
- Pour ce qui est de la nourriture en soit, c’est en général très bon. Il vaut juste mieux éviter parfois certains plats de viande car on peut y retrouver des os broyés, ainsi évidemment que les chilis. Niveau problème de digestion, ben … il faut penser à prendre avec vous les médicaments nécessaires car ça peut arriver dans n’importe quel établissement
- Les questions sur le poids ne sont pas tabous ici. Ainsi, j’ai fait l’objet d’interrogatoires très agréables de la part de deux de mes collègues : « combien tu pèses ? je pense que tu pèses plus lourd que moi (me dit un gars qui fait 80 kg). Mais tu fais du sport ? Et quand t’étais petite, t’étais grosse aussi ? Et pourquoi ? » Hum, taisez-vous un peu pour voir.
- En raison de la barrière de la langue et des différences culturelles, il n’est pas facile pour tout le monde de copiner avec les khmers. Et pourtant, de magnifiques histoires mixtes se créent… en général entre un barang gros, moche et/ou de plus de 50 ans et une khmère mignonne, mince et plus jeune. Ces couples-là font chaud au cœur ! Il faut s’attendre à croiser pas mal de couples comme ça, surtout à Phnom Penh.
- Quelque chose d’important sur la sécurité : il ne faut pas porter d’objets de valeur sur soi, il faut faire attention à bien tenir son sac à l’intérieur des tuk-tuks et en entrant/sortant des tuk-tuk, et il vaut mieux porter un sac à dos. En effet depuis quelques mois, il y a beaucoup plus de vols à l’arraché qu’avant. De la même manière, il ne faut jamais laisser son sac seul sans surveillance, et éviter de trop montrer son gros smartphone dans la rue. Pour les appareils photos, je n’ai pas encore entendu parler de problèmes de vols, mais il faut évidemment faire attention.
En résumé, vous aurez compris qu’ici, la zen attitude est cultivée tous les jours. Malgré l’article, j’espère que vous avez encore envie de venir nous rendre visite :D. Outre ces différences qui nous semblent négatives de notre point de vue de petit frenchy, il y a aussi des différences qui sont carrément positives. La suite, au prochain épisode…
Pour l’histoire des rots et des prouts… je ne vois pas le problème. C’est pareil en France, non ?
Le Cambodge t’aura peut être vacciné des chats ? C’est John qui va être content
Croisons les doigts pour que maman et papa restent zen !! Et entiers
Coucou !
Bon ben ça fait plaisir d’avoir de tes news, je disais justement il y a quelques jours, à l’équipe Hydratec, que tu avais laissé tomber le blog. Mais voilà tu m’as donné tort et j’en suis ravie.
Ton article est très rigolo et j’attends la suite avec impatience !
Continue à bien profiter !
Bisous.
Salut à tous les deux !
Enfin des nouvelles en tout cas j’ai bien rigolé à la lecture de ce post, j’espère que vous allez bien, apparemment faut prendre sur soi tous les jours, bon courage, et à tes parents aussi
à plus bisous
et alors tu pèses combien finalement…. c’est pas ça qu’il fallait poser comme question ?
ça fait plaisir d’avoir de vos nouvelles.
et comme dit si bien notre gendarmette préférée, allez bisous
Super article. j’adore le passage sur la façon de conduire. Et le lien sur le blog est à mourrir de rire.
John doit être dans son élément là-bas..
lui qui n’accepte aucune règle routière…
et qui s’est fait regulièrement chopé pour excès de vitesse ou non port de la ceinture !!!
un petit bijou cet article! J’aime bien les références au zen …
Céline a oublié de dire qu’ils ne savent pas du tout a quoi sert une ligne continue sur la route. Ils doublent en 3eme voie sur une route à 2×2 voies. Ils roulent a 130 sur de petites routes goudronnées en minibus, voir même 110 sur des routes en terre.
Question bruit, un enterrement envoie la sono a fond non stop pendant 2 jours, nuit comprises. Sur une île paradisiaque, on ne s’attend pas à cela.
Mais tout est toujours fait avec le sourire.
Coucou,
Ca fait plaisir de lire des articles comme ça, au moins c n’est pas de la pub d’agences de tourisme.
J’espère que vous vous portez bien, à une prochaine,
Bises,
Bruno